URGENCE · COU ET NUQUE

Torticolis : le cou bloqué, impossible de tourner la tête

Vous vous êtes réveillé la tête de travers, et depuis, tourner le cou est devenu impossible — vous pivotez tout le buste pour regarder derrière vous. C'est douloureux, c'est handicapant, et la question est toujours la même : est-ce que c'est grave, et qu'est-ce que je peux faire tout de suite ?

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Femme se tenant la nuque, zone douloureuse marquée en rouge

Ce qui se passe dans votre cou

Ce que l'on appelle torticolis est le plus souvent une cervicalgie aiguë commune : une douleur du cou qui n'est provoquée ni par un traumatisme, ni par une maladie identifiée. Elle s'installe vite, souvent d'un seul côté, et s'accompagne d'une limitation franche des mouvements — typiquement la rotation et l'inclinaison d'un côté.

Le mécanisme principal est une contracture de défense des muscles du cou. Le muscle se verrouille, et ce verrouillage est à la fois ce qui vous fait mal et ce qui vous empêche de tourner la tête. C'est pour cela que la sensation dominante n'est pas seulement « j'ai mal » mais « je ne peux pas ». Votre cou vous met en sécurité, de façon excessive et maladroite.

Pourquoi au réveil ?

C'est de loin le scénario le plus fréquent que je reçois. Je reste prudent sur l'explication, parce que c'est un domaine où l'on affirme beaucoup et où l'on démontre peu. Ce que je constate en consultation : ces épisodes suivent souvent une nuit en position maintenue, dans un contexte de fatigue ou de tension, chez des gens dont le cou était déjà sollicité depuis plusieurs jours — écrans, stress, mauvaise nuit. C'est rarement l'histoire d'une seule nuit : c'est souvent la goutte d'eau.

Ce que je ne peux pas affirmer, et la bonne nouvelle

Je ne peux pas vous dire précisément quelle structure est en cause, et méfiez-vous de qui vous l'affirme sans hésiter. En revanche, ce qui est documenté est plutôt rassurant : l'Assurance Maladie indique que les cervicalgies communes guérissent habituellement en quelques jours. L'intensité de la douleur et l'impossibilité de tourner la tête sont impressionnantes, mais elles ne disent rien de la gravité. Ce qui doit alerter, ce sont d'autres signes, très précis, détaillés plus bas.

Ce qu'il faut faire tout de suite

Bougez, en adaptant

Le réflexe naturel est de figer le cou pour ne pas déclencher la douleur. C'est justement ce qu'il faut éviter de faire toute la journée. Les conseils de l'Assurance Maladie sont explicites pour les cervicalgies : continuez vos activités en les adaptant, évitez les attitudes figées trop longtemps et les mouvements brusques, et maintenez une activité physique même minime.

  • Ne cherchez pas l'amplitude, cherchez la fréquence. De petits mouvements réguliers dans la zone qui ne fait pas mal valent mieux qu'un grand mouvement héroïque qui vous fera reculer.
  • N'allez jamais forcer contre la butée. Personne ne « débloque » un torticolis en poussant fort dessus, et surtout pas vous, avec vos propres mains.
  • Ne restez pas une heure dans la même position. Le pire pour un cou en contracture, c'est l'immobilité prolongée devant un écran.
  • Descendez vos épaules. Quand le cou fait mal, on les remonte toute la journée sans s'en rendre compte, ce qui entretient la tension.

Vérifiez votre oreiller

L'Assurance Maladie recommande de vérifier que votre literie — matelas et oreiller — vous convient. Si votre oreiller laisse votre tête partir en inclinaison toute la nuit, vous rejouez la scène qui vous a bloqué. Sans dépenser un centime : plus plat si vous dormez sur le dos, un peu plus épais sur le côté, de façon que votre nez reste dans l'axe de votre sternum.

Chaud ou froid ?

Je vais être précis, parce qu'ici on lit surtout des affirmations de vendeurs de bouillottes. Pour le cou précisément, je n'ai pas de preuve solide à vous citer. Les données que je connais sur la chaleur concernent le bas du dos, où une revue Cochrane conclut à un effet antalgique faible et de courte durée : je ne transpose pas ce résultat à votre nuque comme si c'était démontré. La chaleur est très largement utilisée sur les contractures cervicales, beaucoup de mes patients s'en trouvent soulagés, et elle est sans risque si vous protégez la peau et vous limitez à une quinzaine de minutes. Si le froid vous convient mieux, prenez le froid.

Le collier cervical : trois jours maximum

C'est un des rares points où j'ai un repère chiffré fiable à vous donner. L'Assurance Maladie indique qu'un collier cervical en mousse peut être utile, mais qu'il ne se garde pas plus de 2 à 3 jours, en raison du risque d'accoutumance et d'affaiblissement des muscles du cou. Si vous en portez un depuis une semaine « parce que ça soulage », vous fabriquez le problème suivant.

Les médicaments

Je ne prescris pas : l'ostéopathie est une pratique exclusivement manuelle. Selon l'Assurance Maladie, le traitement de la cervicalgie aiguë repose en première intention sur le paracétamol, ou sur un anti-inflammatoire en cas de contre-indication au paracétamol — sans dépasser 5 jours en automédication. Demandez conseil à votre pharmacien ou à votre médecin en lui signalant vos antécédents.

Ces signes-là, ce n'est pas moi qu'il faut appeler

Une partie de mon travail consiste à reconnaître ce qui n'en relève pas. Si l'un de ces signes vous concerne, ne prenez pas rendez-vous : appelez le 15.

Appeler le 15

Le décret encadrant ma profession m'oblige à orienter vers un médecin dès que les symptômes nécessitent un diagnostic ou un traitement médical, en cas de persistance ou d'aggravation, ou lorsque la situation dépasse mon champ de compétences.

Appelez le 15 ou le 112 immédiatement

L'Assurance Maladie identifie des situations où une douleur du cou impose d'appeler le Samu sans attendre :

  • une douleur du cou d'apparition soudaine accompagnée de fièvre, de maux de tête, de vomissements ou de frissons ;
  • des troubles de la parole, de la vue, ou une paralysie ;
  • un traumatisme du cou important — chute de plus d'un mètre, plongeon — ou tout traumatisme du cou après 65 ans.

Ces tableaux n'ont rien à voir avec un torticolis banal et aucun ne relève d'un ostéopathe. Un cou raide avec de la fièvre et des maux de tête, ce n'est pas un torticolis : c'est le 15.

Le syndrome de la queue de cheval

Il concerne le bas du dos et non le cou, mais je le mentionne parce que c'est la seule urgence que je vous demande de connaître par cœur, quel que soit le motif qui vous amène. C'est une urgence diagnostique et thérapeutique. Si, indépendamment de votre cou, vous présentez :

  • une anesthésie « en selle » — vous ne sentez plus normalement le périnée, les organes génitaux, le pourtour de l'anus, la face interne des cuisses ;
  • des troubles des sphincters — impossibilité d'uriner, perte de l'envie d'uriner, fuites urinaires ou anales nouvelles ;
  • un déficit moteur qui progresse dans les jambes ;

… alors c'est le 15, tout de suite.

Un avis médical avant l'ostéopathie

Pour le reste, j'applique la grille de raisonnement posée par la HAS pour la lombalgie — la référence française la plus solide sur les signes d'alerte du rachis. Voyez un médecin avant de me consulter si vous présentez :

  • de la fièvre, ou une altération de l'état général ;
  • une perte de poids inexpliquée ;
  • un antécédent de cancer ;
  • un usage prolongé de corticoïdes, ou un usage de drogue par voie intraveineuse ;
  • un traumatisme important, même vieux de quelques semaines ;
  • une douleur qui ne se comporte pas de façon mécanique : aggravation progressive, présence au repos et en particulier la nuit ;
  • une douleur qui descend dans le bras avec une perte de force ou des fourmillements persistants.

La nuance qu'on vous dit rarement

Vous allez lire cette liste et vous reconnaître quelque part. Ne paniquez pas. La HAS écrit textuellement : « La spécificité des signes d'alerte pris isolément est limitée ; c'est leur combinaison qui doit attirer l'attention. »

Un drapeau rouge isolé n'a donc pas grande valeur d'alerte : avoir 58 ans, ou avoir eu un cancer traité il y a dix ans, ne fait pas de votre torticolis autre chose qu'un torticolis. C'est l'association de plusieurs de ces signes qui doit faire suspecter une cause sous-jacente. La seule exception est le syndrome de la queue de cheval, qui impose à lui seul une réorientation immédiate.

Ce que je fais en séance, et ce que je ne fais pas

D'abord l'interrogatoire et l'examen

Je commence par comprendre : à quel moment c'est arrivé, comment vous avez dormi, ce qui aggrave, ce qui soulage, ce que ça donne la nuit, vos antécédents, vos traitements — et je passe en revue les signes d'alerte ci-dessus. Puis j'examine ce que votre cou peut et ne peut pas faire, avec un examen neurologique simple des bras — force, sensibilité, réflexes — pour vérifier qu'aucune racine nerveuse ne souffre au point de justifier un médecin plutôt que moi.

Ce que je fais, alors

Voici l'essentiel de mon travail sur un torticolis :

  • Un travail sur les tissus : détendre les contractures de protection, par des techniques douces et progressives, dans le sens de ce que votre cou tolère.
  • Des mobilisations : redonner du mouvement, sans à-coups, sans franchir la butée douloureuse.
  • Le travail à distance, souvent le plus utile : le haut du dos, les côtes supérieures, les épaules. Un cou qui ne tourne plus est très souvent un cou qui compense un thorax qui ne bouge plus.
  • Ce que vous ferez ensuite : un plan simple — quels mouvements faire, à quelle fréquence, quoi éviter, comment aménager votre poste et votre nuit.

Ce que je ne promets pas

Je ne promets pas de vous « débloquer en une séance ». Certaines personnes retrouvent une bonne partie de leur rotation dans la séance même, d'autres se dénouent sur deux ou trois jours, certaines ont des courbatures le lendemain — c'est banal. Si votre situation ne relève pas de moi, je vous le dirai plutôt que de vous faire revenir.

Combien de temps ça va durer

Je m'en tiens à ce qui est écrit dans les sources publiques, et je ne comble pas les trous avec des chiffres inventés.

L'Assurance Maladie indique que les cervicalgies communes guérissent habituellement en quelques jours. C'est volontairement qualitatif, et c'est honnête : la durée varie beaucoup d'une personne à l'autre, et je ne peux pas vous annoncer un nombre de jours pour votre cou.

Je peux en revanche vous donner un repère de vigilance concret, lui aussi issu de l'Assurance Maladie : un torticolis qui dure depuis plus de 8 jours justifie une consultation médicale dans les jours qui viennent. Si votre cou est encore bloqué au bout d'une semaine, la question n'est plus « est-ce que je prends une deuxième séance d'ostéopathie », c'est « est-ce qu'un médecin doit regarder ». Le décret encadrant ma profession m'oblige d'ailleurs à vous orienter en cas de persistance ou d'aggravation.

Et pour éviter que ça revienne

Un torticolis isolé n'a rien d'inquiétant. Des torticolis à répétition méritent en revanche qu'on regarde autour : votre poste de travail, la hauteur de votre écran, le temps passé le cou fléchi sur un téléphone, votre oreiller, votre sommeil, votre niveau de tension. C'est moins spectaculaire qu'une séance, mais c'est là que se joue la répétition.

Quand puis-je vous recevoir

Un torticolis se déclare rarement à une heure pratique.

  • Du lundi au vendredi : de 8h à minuit.
  • Le dimanche : de 9h à minuit.
  • Le samedi : fermé.

Au cabinet du 18 rue Guersant, Paris 17e, au cabinet de Garges-lès-Gonesse, ou à votre domicile, partout en Île-de-France — utile pour un torticolis : si vous ne pouvez pas tourner la tête, vous ne pouvez pas conduire en sécurité.

Appelez le 07 80 91 98 30. Si ça relève de moi, je vous donne un créneau. Si ça relève d'un médecin ou du 15, je vous le dis au téléphone, et ça ne vous coûte rien.

Benjamin Dahan, ostéopathe D.O. — RPPS 10010139193.

Les questions qu'on me pose

J'ai un torticolis au réveil, est-ce grave ?

Dans l'immense majorité des cas, non. Un torticolis est le plus souvent une cervicalgie aiguë commune, provoquée ni par un traumatisme ni par une maladie, et l'Assurance Maladie indique que les cervicalgies communes guérissent habituellement en quelques jours. L'intensité de la douleur ne dit rien de la gravité. Ce qui doit alerter : fièvre, maux de tête, vomissements, troubles de la vue ou de la parole. Dans ce cas, appelez le 15.

Chaud ou froid sur un torticolis ?

Honnêtement, je n'ai pas de preuve solide à vous citer pour le cou : les données que je connais sur la chaleur portent sur le bas du dos, et je ne les transpose pas. En pratique, la chaleur est très utilisée sur les contractures cervicales et beaucoup de patients s'en trouvent soulagés, sans risque si vous protégez la peau et vous limitez à une quinzaine de minutes.

Faut-il porter un collier cervical ?

Éventuellement, et brièvement. L'Assurance Maladie indique qu'un collier cervical en mousse peut être utile mais qu'il ne se garde pas plus de 2 à 3 jours, en raison du risque d'accoutumance et d'affaiblissement des muscles du cou. Au-delà, vous entretenez le problème : l'objectif est de retrouver du mouvement.

Mon torticolis dure depuis une semaine, que faire ?

Consultez un médecin. L'Assurance Maladie considère qu'un torticolis qui dure depuis plus de 8 jours justifie une consultation dans les jours qui viennent, et le décret encadrant ma profession m'oblige à vous orienter en cas de persistance ou d'aggravation. Ce n'est pas le moment d'enchaîner les séances d'ostéopathie.

Puis-je aller travailler avec un torticolis ?

En général oui, en adaptant. L'Assurance Maladie conseille de continuer ses activités en les adaptant, d'éviter les attitudes figées trop longtemps et les mouvements brusques, et de maintenir une activité physique même minime. Le piège n'est pas le travail, c'est de rester une heure immobile devant un écran. Levez-vous souvent, remontez votre écran, et ne forcez pas la rotation.

Vous êtes bloqué maintenant ?

Appelez : je décroche moi-même. En deux minutes, on saura si je peux vous aider — et sinon, je vous dirai qui appeler.

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